Deux camps s’opposent, d’un côté les ex-pro-mariage pour tous de 2013, les progressistes qui s’imaginent être dévergondés et défendre des libertés, les droits de l’homme, l’égalité, la « gôche« , de l’autre la droite conservatrice, les croyants, qui ne veulent pas accepter les évolutions d’un monde amoral et se raccrochent à la tradition. Mais notre modernité n’est pas si simple, elle n’est ni de gauche ni de droite, car la pieuvre qui mène le monde se moque des uns et des autres.

Hors de la zone historique étroite (2 siècles) occupée par le capitalisme et « son » industrialisation du monde, de tout temps et en tous lieux, une multitude de civilisations, fort différentes entre elles, ont partagé un invariant anthropologique qui est précisément ce qui aujourd’hui dérange la pieuvre dans sa volonté d’exploiter l’espèce humaine à son échelle (celle de la démesure).

Pour la résistance, il s’agit de rechercher dans la logique du fait social ce qu’il s’y trouve de nécessaire et il est effectivement facile de discerner des constantes dans les modalités de vie des peuples, notamment une résolution : l’« association ».
Qui en disconviendrait ?

Or, précisément, le creuset du fait « associatif » est cet invariant qui dérange la pieuvre ! Bien que sa nature ait donné lieu à différents récits, épopées, littératures (une multitude de cultures encore vivantes ou aujourd’hui disparues) elle fut de tout temps enracinée dans une geste au caractère universel, acte des poètes et des héros : l’amour ! La sacralisation de l’amour de l’homme et de la femme qui s’unissent et engendrent est l’assise pérenne et le modèle ontologique du « fait associatif ».

Elle est de plus l’unité de base des sociétés préindustrielles, toutes construites sur l’institution du mariage, algorithme du projet communautaire qui, ayant pour point de départ deux personnes, induit une famille, puis une collectivité et – partant de l’humanité ouverte à l’altérité du conjoint – évolue naturellement vers l’altérité universelle et la règle d’or : « se comporter envers autrui, comme l’on souhaite qu’il se comporte envers soi-même (fondement de la plupart des religions et de multiples sagesses). Le mariage, il y a fort longtemps, fut cette révolution sociétale qui permit à notre espèce de générer les cultures et les civilisations. Elle continue… En 2015, ses partisans de gauche et de droite luttent contre la pieuvre.

Aujourd’hui, les forces qui modèlent le Monde tendent à faire du sort des êtres humains des destinées disjointes et neutres, c’est-à-dire atrophiées, anonymes, au sein de masses sous contrôle, dans le dessein de les insérer d’une façon mécanique dans la régulation intensive des marchés, à l’instar des bestiaux dans des élevages intensifs.
Parce qu’il est le creuset dans lequel s’est forgé le concept de bien commun, le mariage fait encore à ce jour notre honneur. À contre-courant du pouvoir exécutif, cette merveille humaine qu’est la sacralisation de l’alliance conjugale lutte et défend encore des lieux de souveraineté, de gratuité et d’amour.

Les lois de l’argent et celles du bien commun s’opposent en tout point. Il est évident, sauf pour ceux qui ont été influencés par la propagande, que le pouvoir fait tout ce qu’il peut pour détruire la résistance. Voilà pourquoi les politiciens et les médias mainstream, c’est-à-dire vendus au sens propre, rivalisent dans leurs efforts de diffamation de l’institution sur laquelle nos aïeux se sont appuyés pour faire de nous des êtres humains.

Les partisans du progrès, de la liberté, de l’égalité – idéalistes de bonne foi – soutiennent sincèrement l’évolution des mœurs dites libres, mais ils sont abusés par un discours mensonger.
Qui peut aujourd’hui prétendre que la désinformation touchant le sens civique du mariage est un geste social, socialiste, un progrès, une action humaine et révolutionnaire ? Sinon, les icônes de la pensée médiocre, les Héraults du capitalisme, déguisés en maîtres-penseurs de l’« opposition », voire en « résistants » à un ordre ancien qui serait encore établi, alors que leur fonction consiste à entraîner les moutons de Panurge derrière des leurres. L’hyménée déjà mis à mal, le pouvoir ne se contente pas de le diffamer, il entend encore déguiser le nouvel ordre mondial et sa mystification en politique émancipatrice et équitable, mais dans l’ombre, il rit et jouit de son immense potentiel à berner le peuple.

Quand l’épanouissement personnel est devenu une injonction, à l’heure des divorces généralisés, des incitations lancinantes à consommer de l’amour-marchandise et des mariages zarbis, les partisans de l’alliance sont de facto les acteurs d’une lutte de libération ; et le simple fait d’être « deux » remet en cause le dogme capitaliste de l’individu.

La pieuvre prétendant guider positivement l’évolution par une fausse subversion, il faut lever le masque qui cache de plus en plus mal le capital et son totalitarisme.

L’esprit prostitutionnel de la propagande est à la démocratie proxénète, ce que la violence est à la dictature !

Juliette et Roméo

Le GSHF : Groupe Sociologie des relations Homme-Femme est un groupe de réflexion issu de la section Rhône-Alpes d’E&R. Son objectif est de démystifier le kit à penser particulièrement toxique que véhiculent médias et universitaires