En France, les femmes sont aujourd’hui 82,2% dans l’enseignement primaire (source), contre 65% en 1954. Dans le privé, les effectifs féminins atteindraient 91,3%.

Dans l’enseignement secondaire, l’écart entre les femmes et les hommes enseignant est moins prononcé, on dénombre 58,2% de femmes profs dans le public, 66,2% dans le privé.  Dans l’enseignement supérieur public, les proportions s’inversent : 37,6% de femmes enseignantes titulaires, y compris les professeures certifiés et agrégés. « Le sexe n’a rien à voir avec l’autorité, assurait Patrick Gonthier, secrétaire général de l’UNSA-Education. Lorsque l’on est professeur, l’ascendant sur sa classe vient du statut et non du sexe. On est investi d’un rôle qui nous permet de nous faire respecter ». Pourtant, on peut émettre une réserve sur la féminisation de l’enseignement.

Nous sommes en présence d’un manque de mixité qui ne reflète pas la composition de notre société et qu’il faut pouvoir expliquer. Cela peut avoir notamment des conséquences négatives dans la construction d’un jeune enfant et nous nous intéresserons ici plus particulièrement aux cas des jeunes garçons qui sont effectivement confiés quasi uniquement au genre féminin de la crèche au CM2. Nous nous questionnerons pour savoir si cela n’est pas sans incidence sur leur développement intellectuel, psychologique et social. D’ailleurs, le nom même de l’école des tout petits est sans équivoque – l’école maternelle – ne renvoie-t-il pas spécifiquement et exclusivement à la femme mère ? Or, la maternelle est censée être une école, un lieu d’apprentissage et non pas un lieu de soins ou de maternage.

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Il semble que la féminisation de l’enseignement ait concordé – sans que cela soit lié – avec l’arrivée massive de flux migratoires de religion musulmane et parfois de civilisations tribales. Choc culturel considérable pour ces élèves issus de la diversité, grandis dans une mentalité ancestrale. Ce qui peut expliquer le climat d’effronterie machiste et de chahut permanent qui règne depuis dans nombre d’établissements scolaires. Avec un effet de trou noir entraînant une dérive du niveau général des connaissances. Les élèves « de souche » sont happés par l’effet domino de la cohabitation en classe. Tabou qui n’est pas près d’être levé par le ministère de l’Éducation nationale, puisque l’ouverture à l’autre et la mixité ethnique sont censés, d’après lui, apporter un plus dans les écoles et lycées de la République.

La question de la féminisation de l’enseignement ne porte pas seulement sur la compétence ou l’autorité mais aussi sur le fait que les femmes favoriseraient inconsciemment les élèves féminines… cela pourrait expliquer que les filles réussissent mieux à l’école primaire. Celles-ci sont généralement plus studieuses, plus concentrées.  Une femme enseignante peut avoir tout autant d’autorité qu’un homme et faire respecter l’ordre, là n’est pas la question, mais une école trop féminisée peut entrer en contradiction avec la construction de l’identité masculine, les garçons ne rencontrant plus de modèles masculins auxquels ils peuvent s’identifier.

Dans certains établissements, les petits « caïds » supportent très mal l’autorité d’une femme. Ce n’est pas nouveau. Les garçons (et les filles) de familles monoparentales sont de plus en plus nombreux et n’ont quasiment jamais à faire face à l’autorité d’un homme adulte ; des garçons grandissent en étant « l’homme » de la maison. Un plus grand nombre d’enseignants masculins dans les établissements scolaires permettrait un rééquilibrage vis-à-vis de cette autorité pouvant faire défaut dans ces familles. Si l’on se plie aux desiderata égalitaristes, alors oui, pourquoi ne pas jeter ce pavé dans la mare et instaurer une parité ? Mais nos chiennes de garde féministes bien aimées vont-elles penser que vouloir une parité dans une profession où elles ont l’avantage du nombre est encore une ignoble manœuvre (machiste) ?

Il faut prendre également en compte le fait que les hommes délaissent les métiers de l’enseignement, au niveau de l’école primaire du moins. Le salaire des enseignants sans avoir baissé a décru, car il n’a pas (et de loin) suivit le cours de l’inflation. Ensuite, beaucoup d’hommes voient le métier de professeur des écoles comme un métier (féminin) permettant d’avoir un salaire d’appoint à celui du mari. Mais le problème est peut-être plus profond, avec un concours qui s’est durci et qui nécessite une formation universitaire plus longue. Or à l’université, on trouve majoritairement des femmes dans les filières de lettres ou langues, sciences humaines et sociales. De plus on valorise le choix d’une femme qui choisit ce type de métier et qui va « pouvoir concilier vie professionnelle et vie familiale » alors que dans le même temps on dénigre le choix d’un homme à vouloir faire de même. Cependant, il existe des « niches masculines » dans l’enseignement. Les chefs d’établissement ou les inspecteurs, par exemple, sont surreprésentés en hommes !

Mais dans l’enseignement, les hommes apportent une sensibilité autre, une approche qui peut permettre à des garçons (notamment ceux des familles monoparentales vivant avec leur mère) de découvrir d’autres rapports aux adultes et à la société.  Le risque est d’empêcher les élèves de s’enrichir de toute l’étendue des rapports humains et des rapports si complexes hommes-femmes. L’ampleur prise par cette disproportion ne peut pas être satisfaisante. Certes, la qualité primordiale est celle de l’enseignement dispensé, mais occulter tout autre aspect n’est ni sain ni constructif.

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Il y a une forme de négligence dans le fait de ne pas tenir compte de certains éléments qui, pour être secondaires, n’en sont pas moins importants. Il y a nécessairement peu ou prou une forme d’identification avec le parent et dans les foyers, c’est majoritairement la mère qui organise la vie familiale même si fort heureusement aujourd’hui les pères, quand ils sont présents, s’impliquent de plus en plus. Une identification exclusive à la mère est problématique. Le père absent, la base de référence fait défaut pour les filles, comme pour les garçons.  Il est vrai que les garçons ne vivent pas très bien cette sorte d’immersion dans un gynécée, cela peut vraisemblablement aller jusqu’à déclencher des réactions incontrôlées, perçu comme une sorte d’exclusion, d’effacement délibéré de la gent masculine dans l’univers de l’Éducation nationale.

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Qui plus est, au niveau de la formation de la psychologie adaptée aux enfants, tout ce qui relève de l’inconscient brille par son absence et pourtant, enfant, adolescent, nous engrangeons foule de sensations qui ont aptitude à nous forger une opinion erronée si elle ne bénéficie pas d’un cadre approprié.  Il faut faire en sorte d’attirer des enseignants appartenant à la gent masculine, leur rôle ne doit pas être négligé, leur place relève de l’équilibre. Et, si l’on prend le temps de s’arrêter aussi sur la proportion des foyers monoparentaux, il semble qu’il y ait un soutien social de plus à développer. Les hommes en question n’ont pas bien évidemment le rôle du père absent, mais leur seule présence laisse une place à la virilité. Facteur non négligeable !

David

Le GSHF : Groupe Sociologie des relations Homme-Femme est un groupe de réflexion issu de la section Rhône-Alpes d’E&R. Son objectif est de démystifier le kit à penser particulièrement toxique que véhiculent médias et universitaires