Lettre ouverte aux femmes à l’occasion de la fête des pères 2016.

Vous qui souhaitez avoir une famille, une vraie, vous qui souhaitez avoir un mari et un père pour vos enfants, un vrai, vous êtes peut-être concernées par ces quelques lignes. Mais le sujet étant complexe, avant de l’aborder, permettez-moi de faire un rapide état des lieux.

L’absence des pères au sein des foyers est une blessure si grande et si fréquente que le corps enseignant a dû débaptiser leur fête, devenue la fête des parents, la célébration de ceux qui s’aiment… ou autres digressions qui donnent une idée très claire de la dissymétrie et du déséquilibre entre les mères toujours au pinacle et les pères de plus en plus inexistants.

Aujourd’hui, la gent masculine n’est pas particulièrement « à la fête »… Virilité décriée, jeunes garçons déroutés… Mâles inhibés, complexés, certes gentils, mais dévirilisés et incapables d’entreprendre… Fanfarons qui veulent faire croire que… Mâles frustrés de leur autorité, etc., les cas de mal-être ne manquent pas. Néanmoins, le bon père de famille existe aussi.

Quand le père n’a pas d’autorité, les familles perdent l’honneur et le patrimoine du clan qui, dans le passé, avaient fait leur force. Conséquemment, la transmission est en crise.
La solution retenue est la loi du « chacun pour soi » sans solidarité. Le propre de la progression de la civilisation actuelle est la volonté du système d’écarter toute entrave qui ferait gripper ses rouages. La moindre volonté collective est interprétée comme un abus d’autorité. Les conflits d’intérêts doivent se résoudre par un individualisme à toute épreuve. Un père qui aurait l’intention de servir sa famille selon une idée trop forte du bien commun est anachronique. Il fait obstacle. Il est disqualifié avec l’aval des instances universitaires, médiatiques et politiques.

Cependant, cet individualisme, qui aujourd’hui a bonne presse, dissocie la population, alors que le symbole du pater familias permettait d’unir. L’esprit de solidarité dans la dépendance familiale induisait un esprit de clocher et un nationalisme, laissait se constituer des réflexes communautaires, certes mauvais pour le marché libéral, mais profitables à ses bénéficiaires. Le sens associatif prenait sa source très précisément là. La gauche idéologique semble regretter cette dimension sociale perdue, ce sens civique des peuples, une réelle autorité de la base et l’art perdu de l’entraide qui a été l’honneur du socialisme historique, mais ce sont précisément ceux qui en ont la nostalgie, qui l’ont tué.

Je ne m’adresse pas aux femmes qui « tout en faisant comme si… » souhaitent que l’homme soit une vache à lait, un impuissant ou un caniche, mais aux autres, celles qui veulent un compagnon qui les aime et qu’elles aiment, capable de développer une réelle alliance et une loyauté responsable. Le mode de vie à défendre n’est pas celui de l’heure présente, pour autant, il ne peut pas être celui d’hier. Il est celui que nous devons inventer ensemble dans un contexte hostile. Il demande de l’audace et du courage, mais il s’appuie sur une très grande force qui est celle de notre humanité et de notre être. La formule est simple, celle de l’entraide qui s’épanouit dans le don mutuel et s’inscrit dans le long terme de la vie. Son adversité est bien définie, elle est la sinistre fabrication sociétale du court terme et de l’intérêt individuel.

L’image du bon pater familias est une mystique référentielle, qui survit à travers les générations, se réincarnant par les émotions des bonheurs de l’enfance, un père éternel en quelque sorte. Il ne recherche pas « sa » réussite. Il est dans le don. Le véritable père aujourd’hui ne peut donc aucunement se défendre, car, pour ce faire, il faudrait qu’il soit dans un algorithme opposé, bâti sur un ego droit-de-l’hommiste. Cette logique conflictuelle, le féminisme l’a imposée, elle est mortifère.  N’étant pas les acteurs de la dissociation, ce n’est précisément pas à ceux qui sont les conjoints fiables, sans lesquels il n’y a pas de vraie famille, à venir pleurer et quémander un respect de la virilité. Il revient aux femmes de défendre à leurs côtés le bon camp, celui de la dignité. Non, l’homme n’est pas naturellement violent et la femme naturellement douce. Là est le venin de la propagande, celle qui a instrumentalisé les relations humaines, dissocié les vrais couples, annihilé la solidarité naturelle des conjoints et déstabilisé les foyers.

L’influence du symbole paternel est si puissante que, dans les familles qui en sont indigentes, l’enfance en déshérence le cherche encore.

Mesdames – mes amies – « Faites des Pères » des vrais !  Pour le 3e dimanche de juin 2016, nous, toutes les femmes – les vraies – nous souhaitons, à ceux qui en sont encore, une très bonne fête des pères.

Juliette Bey

Le GSHF : Groupe Sociologie des relations Homme-Femme est un groupe de réflexion issu de la section Rhône-Alpes d’E&R. Son objectif est de démystifier le kit à penser particulièrement toxique que véhiculent médias et universitaires