En 2017, le ministère des familles de l’enfance et des droits des femmes publie le 5e plan de mobilisation et de lutte contre toutes les violences faites aux femmes. Ce plan 2017/2019 fixe 3 objectifs :

  • Remettre une couche sur les dispositifs, déjà sécurisés et renforcés lors des 4 précédents plans pour que désormais, enfin, les femmes puissent avoir accès à leurs droits (Ouf !)
  • Renforcer l’action publique là où les besoins sont les plus importants (SIC).
  • Déraciner les violences et le sexisme qui banalisent la culture des violences faites aux femmes
    (La violence de cette approche nous laisse sans voix !).

Renforcer encore les droits des femmes, alors que l’on sait que les pères sont généralement dans les divorces légalement privés de leurs enfants, a de quoi nous interpeller ! Au nom de la lutte contre les violences, on va encore aggraver sciemment les conflits, détruire les relations familiales et déraciner les enfants. Ainsi, en s’immisçant dans la sphère privée, en cassant les souverainetés de bases, l’État peut soumettre les masses !

Les statistiques qui suivent sont datées, mais plus aucune ne sont produites depuis…
(Sources : INSEE, INDE 1994)

En réaction à cette nouvelle propagande d’État, nous vous proposons le texte ci-dessous qui nous ramène à la réalité. Il s’agit du témoignage d’un homme honnête, non-violent, qui se retrouve disgracié, rabaissé à un rôle de pourvoyeur, un statut de délinquant à dessein de lui enlever les droits d’éducateur sur ses enfants. Bonne lecture.

 



Je suis un homme debout.

 

Je suis un homme debout. Je ne l’ai pas toujours été. J’ai rampé, j’ai désespéré, j’ai vraiment cru que ramper aiderait. Que chercher l’apaisement aiderait. Non, ça n’aide pas. Ça encourage juste les autres à vous enfoncer un peu plus.
Mes enfants sont des morts-vivants pour moi. Je suis un mort-vivant pour eux.
Je les aime et je ne peux plus les voir.

Je suis un homme debout malgré tout.
Et ça ne changera plus.

Mon histoire est banale. Il y en a des millions comme la mienne, du moins au départ.
L’histoire d’un homme de la classe moyenne, qui colle au modèle consumériste, qui croit à la famille et à la valeur du travail. Qui pense que le mariage est un engagement sérieux, et que l’arrivée d’enfants renforce un couple. Un homme banal qui regarde les journaux télévisés, qui profite de la vie le WE, qui prend ses responsabilités. Un homme fidèle. J’ai cru que mon travail acharné pour assurer le confort de ma famille serait reconnu. Que ce sacrifice personnel justifierait ma place d’homme, de père, de mari.
Je me suis trompé.

L’histoire d’un homme qui travaille beaucoup pour ramener de l’argent. Son épouse se consacre un moment aux enfants, puis retravaille. Elle est d’accord sur cette organisation, elle en a discuté avec lui. Pas d’embrouille. Elle a un tempérament difficile, les relations amicales et familiales sont compliquées. Mais personne n’est parfait, lui non plus. Il fait avec, il l’aime.
Ils ont deux enfants. Il les aime plus que lui-même, il les voit trop peu à son goût.

La vie suit son cours. Pas de raison que ça change.

Pourtant.

Elle lui annonce qu’elle veut prendre du recul. Classique prétexte de série B, mais lui, il y croit.
Il veut sauver son couple. Alors il discute, il comprend, il l’aide à s’installer dans leur petite maison secondaire. Elle part sans les enfants, besoin de faire le point, elle ne veut presque plus les voir.
Pour le moment. Il comprend.

Il poursuit sa vie avec les enfants. Il s’organise pour que le monde continue son petit chemin.
Plusieurs mois.
Il espère.
Pourtant c’est tellement classique que ça en serait presque comique. L’amour rend aveugle.
Son petit garçon lâche que maman a un copain. Sa sœur le gronde. Ils doivent garder le secret.
Petite et déjà partie prenante des relations amoureuses de maman dans le dos de papa.
Le copinage toxique mère-fille a commencé.
Un homme qu’ils connaissaient ensemble avant. Avant « sa prise de recul ».
Le monde s’écroule. Faut-il être bête pour croire à la sincérité et à la fidélité !

Madame veut refaire sa vie avec lui, dans notre maison secondaire.
Pour les enfants, je ne dis rien. Je les aime, je les protège.
Madame veut maintenant les revoir, les récupérer, les garder. La garde alternée tacite ne dure pas longtemps. Déjà les enfants n’ont plus le droit de dire qu’ils veulent me voir.
Madame est violente, casse des objets devant les enfants pour les impressionner.
Ça fonctionne. On dirait bien de la manipulation, mais c’est leur mère.
Mon appartement se vide d’eux, de leurs affaires, peu à peu, même de mon chat qui disparaît soudainement.


Disparue ma vie ! Mais je suis un père, et personne ne s’en soucie.
Les insultes collectives en bas de chez moi, les gros mots dans la bouche de mes enfants, tels des jouets télécommandés. Les agressions, parfois physiques, par le nouveau compagnon.
Je calme le jeu, pour mes enfants que je cherche à protéger de cette violence d’adultes.
Il est déjà trop tard, mais je ne le sais pas.

Madame a décidé de m’enlever les enfants, de son propre chef. Elle leur dicte des mots qui ne sont pas d’eux et qu’ils ne comprennent pas, petits comme ils sont. Il faut passer au stade supérieur et préparer la bombe juridique qui m’anéantira. Ce sera terrible, mais Madame est prête à tout pour détruire « l’avant ». Politique de la terre brûlée.

Madame est une victime. Avant, le coupable, c’était son père. Je l’ai remplacé. Je n’ai rien vu venir.

Je suis un homme à l’ancienne. Un homme de principe. Un homme laborieux. Un homme imparfait.
Et un père. Un homme dont la société ne veut plus.

Madame commence son long travail de sape. Sur le cerveau des enfants, c’est insupportable.
J’ai une famille solidaire et aimante. Ça me sauve.
Les enfants passent de « papa on veut être avec toi » à « on est mieux chez maman » puis « on ne veut plus venir ». Madame remodèle la réalité à sa guise, à grands coups de séries télévisées débiles qui montrent toutes le même modèle, à grands coups de mensonges aussi. Beaucoup.
Tout le temps. Les souvenirs changent.
« Papa, avec toi, on n’a jamais rien fait ». Je peux sortir les photos de vacances, rien n’y fait.
Je suis un homme triste, qui attend le WE avec impatience pour voir ses enfants, qui prend à cœur son rôle de père, qui fait faire les devoirs. Quelle erreur ! Je n’ai rien compris.
Tout permettre, voilà ce qu’on attend de moi. « Chez maman, on fait ce qu’on veut ».
La grande société du bas de gamme et de l’enfant roi.

Ça ne me console pas.

J’entame une procédure de divorce, pour assainir, pour clarifier. Pension et partage des enfants. Je vois le bout du tunnel, je pourrai reprendre le cours de ma vie.
Mais Madame en veut plus, le divorce est une rente si on sait s’y prendre. Grosse pension, prestation compensatoire, enfants à 100 %, ce sera un juste dédommagement pour toutes ces années de mariage.
Madame le Juge sera d’accord, c’est certain.

Madame est toute-puissante. Tout lui est dû. C’est normal, Madame a tant souffert.

Madame a de l’ambition, son quart d’heure de gloire, elle le gardera jusqu’à la fin. Quoiqu’il en coûte. Mes enfants deviennent des armes de destruction paternelle. Pourtant, je les aime. La sape quotidienne les attache à elle par une loyauté aveugle et sans bornes. Les absents ont toujours tort.


J’ai rencontré une femme.
Elle est divorcée, elle a un enfant. Les relations avec son ex-mari sont amicales, détendues. Je rêve.
Pas d’embrouille, c’est propre, c’est net.
Pas de secrets.
Je compare.
Tout est simple, tout est fluide. Ça existe vraiment ?
« Nous ne nous sommes jamais critiqués devant notre fils ». Ça paraît presque bête tellement c’est évident.
« Notre couple s’est arrêté, mais nous sommes restés des parents ». Oui, c’est sûr, dit comme ça, qui ne serait pas d’accord. Du bon sens.
Je compare. Je me pose des questions.

Elle me répare, elle me rassure, elle m’aime. Je mets du temps à reprendre confiance. Elle a confiance, elle. Tout est simple. Son fils est gentil. Il y a de la place pour tout le monde.

Madame demande une grosse pension, il faut bien ça pour élever nos enfants. Pourtant Madame en met la moitié de côté. Pour ses projets à elle.  Le spectacle est terminé, Madame veut toucher sa paye de femme mariée avec les intérêts.
Mensonges et manipulations continuent.
Pour la justice, la mère a tous les droits. Madame le sait.

Je cherche à comprendre, je me documente, je lis beaucoup. Je trouve : aliénation parentale. Tout y est, je suis très inquiet pour mes enfants. Pourtant la justice n’en veut pas. Les mères ont toujours raison.
« Ah bon, tu repasses ? Et tu cuisines ? Et tu fais le ménage ? ». Ma fille n’en revient pas. Dans ses souvenirs fraîchement remodelés, je suis un vrai connard. Pourtant, pour elle la vie reste simple : « Je ne crois que maman ».
Le nom du compagnon remplace le mien dans le carnet scolaire de mon fils. Demande d’explications.
Madame accuse notre fils, prête à le sacrifier plutôt que d’assumer.

Les enfants sont arrivés du collège, hostiles, fermés. Pourtant trois semaines avant nous étions en vacances, ils étaient ravis. Que s’est-il passé ? Et ces portables greffés à la main et à l’oreille pendant tout le weekend !
J’exige une trêve téléphonique, il y a tant à faire ensemble et à se raconter. Le weekend semble reprendre un cours normal : jeux, ballades, devoirs. Mais les enfants reprennent leurs chaînes et se sauvent en pleine nuit. « Maman on a échoué » écrit ma fille à sa mère.
On est en plein délire. Leur mère est prête à tout, y compris à faire jouer les pires scénarios à ses enfants pour « gagner ». Qu’est-ce qu’on gagne quand on détruit ses enfants ?

Je suis accusé de violence.

Garde à vue sans lacet, sans ceinture. Je suis plutôt bien reçu vu les circonstances. Je balance tout, les mensonges, les agressions. On m’écoute, on note sans interruption.


« Votre fille déclare que la maison de vos parents est insalubre ». Mon sang ne fait qu’un tour. Vérification inopinée de la gendarmerie, tout est propre et rangé.
Ma fille qui a menti aux gendarmes, elle a perdu la raison !
On me dit : « Leurs mots ne sont pas des mots d’enfants ». Je le sais.
Mon fils, lui, n’a presque rien dit. Comme d’habitude. Pris entre sa mère et sa sœur.
Je suis inquiet pour lui. J’ai peur qu’il s’efface et disparaisse.

Ma compagne est là pour me soutenir. Nos familles aussi.
Nous faisons face, encore persuadés que la justice est juste, qu’elle cherche la vérité.
Quelle naïveté ! Les pères ont toujours tort.

Je vais chercher mes enfants au collège. Une inconnue les revendique sous mon nez. Le surveillant m’explique qu’il ne peut pas me les confier. C’est illégal pourtant, je suis leur père.
Je rencontre le directeur, qui me conseille de baisser la tête, un esclandre se retournerait contre moi.
Il a déjà choisi son camp. Celui, confortable, de la lâcheté.
On commence à ramper.

Dix fois. Dix plaintes pour non remise d’enfants.
Il ne se passe rien.
Mensonges et perfidie.

Nous sommes toujours en instance de divorce.
J’apprends que Madame a eu un bébé. Elle a exigé de mes enfants qu’ils me le cachent.
Mensonges et manipulation.

Je n’ai plus aucun contact avec eux. Pourtant je leur envoie des messages, des cartes.
Ma compagne, qu’ils appréciaient avant, m’a rejoint dans le clan des méchants. Même elle, ne trouve plus grâce. Mes parents, des Thénardier. On est en pleine caricature, mais la justice a remis son bandeau.

Je décide de me défendre, j’attaque le certificat médical préconisant que les enfants restent avec leur mère. J’obtiens gain de cause, le médecin reconnaît officiellement avoir été manipulé par Madame.
Pièce versée au dossier. Il ne se passe rien.


Passage devant le juge aux affaires familiales. Je suis coupable de tout. L’avocat adverse se répand en diarrhée verbale. Peut-il encore se regarder dans un miroir ?
Le verdict tombe.
Je suis condamné à ne voir mes enfants qu’une heure par mois dans un cadre sécurisé et payant.

Je suis très atteint, je tiens bon, je suis soutenu.
Mais je suis très inquiet pour l’équilibre mental et l’avenir de mes enfants.

Une heure par mois.
12 heures par an.
« Ça permet de maintenir un lien ». De qui se moque-t-on ?
Comment justifier ce qui n’est que torture et cruauté ?

Je veux pourtant croire que la vérité éclatera.
Je veux pourtant croire que ce système d’organisation peut nous faire progresser.
Mes enfants arrivent fermés. À chaque fois. Forcément.
J’honore tous les rendez-vous, j’arrive en avance. Une heure par mois, je tiens à profiter de chaque minute. Il ne se passe rien.

Je positive, je suis à leur écoute, je pose des questions sur leur vie. « Ah non, c’est du côté de maman, on n’en parle pas ». Ils vivent à temps plein chez Madame, ça réduit les sujets de discussion. Leurs études, leurs vacances, je vis mes enfants par procuration. Ma fille est devenue une petite Madame. Mon fils s’efface. Pourtant je sais que ce vernis peut craquer, qu’ils ne sont pas loin dessous.
Sur moi, aucune question, je ne les intéresse pas.
Rapport de l’association qui nous accueille, frileux. Il ne faut surtout pas prendre position. Pourtant verbalement, « Je me fais beaucoup de souci pour votre fille, il y a un problème avec sa mère ». Une porte s’est entrouverte. Quelle naïveté !
Non, c’est le père qui est coupable. Ma fille tiendrait une place ambiguë auprès de sa mère, mais c’est à moi, qui ne la voit jamais, de rendre des comptes.


Entrevue chez l’expert médico-psychologique. Elle a l’air mal lunée.

Qu’est-ce que vous avez préparé avec votre avocat ?
Préparé ? Je n’ai rien préparé, je viens discuter honnêtement de la situation.

Je n’ai pas encore compris, tout n’est que stratégie. Valeurs morales de référence : mensonge, perfidie, sournoiserie. Tout est justifiable pour arriver à ses fins.

Mais, Monsieur, vos enfants, à leur âge, ne sont plus influençables.

Des ados, pas influençables ? Cela me laisse sans voix.

Je voudrais expliquer, les mots ne me viennent pas. Je n’ai plus vraiment envie de parler.
J’essaie quand même, je veux croire que la lumière sera faite, que l’expert veut sincèrement comprendre.
Quelle illusion ! Elle m’assène :

Vous n’aimez pas vos enfants.

Le rapport est à charge, même dans la forme : plusieurs pages pour Madame, pour moi une demi-page.
Je suis un homme dangereux et déstructuré. Madame, une mère parfaite.
En une heure : accusation, procès et exécution.
Une heure.
J’aimerais être aussi efficace dans mon boulot.

Je devrais suivre une thérapie paraît-il.
Ma thérapie à moi, c’est le bonheur et la simplicité. La famille, les amis, les jeux, le rire, les discussions, les randonnées, le travail bien fait.
La vraie vie.
Pas ce tas de boue.

Une heure pour prendre une décision qui détruit la vie d’un homme. Et celle de ses enfants, même s’ils ne le savent pas encore.
Et cette experte, que voit-elle dans le miroir ? Son ego sans doute.
Experte auprès des tribunaux, ça en jette. Une blessure narcissique mal soignée peut-être. Je m’égare.
Parce que de toute façon, elle, elle le sait bien. Les pères ont toujours tort, c’est inscrit dans leurs gènes. Ça permet de dormir tranquille, pas d’erreur possible.

« Je rendrais un torchon pareil au travail, on me demanderait de revoir ma copie » me dit ma compagne. Mais pour cette justice, application aléatoire des lois, la qualité on s’en fout. La vérité, on s’en fout. L’éthique, on s’en fout.
On préfère réduire la réalité à des cases, c’est plus simple. Plus pauvre et réducteur aussi, mais on s’en fout. On se cache derrière les mots, on tue des gens à coup de procédures. Personne n’assume rien.

Mais on s’en fout, les pères ont toujours tort.

J’ai saisi le Procureur de la République pour mise en danger de mes enfants. Des faits, des dates. Il aura la vision globale et précise de la situation. Mais je m’attends au pire, au rien. Ça fait moins mal d’être pessimiste, l’espoir peut tuer à petit feu.

Bientôt je reverrai le juge, qui décidera de mon avenir avec mes enfants.
Je sais déjà que ce sera au mieux une heure par mois dans un cadre sécurisé et payant.
Alors, je prendrai une décision difficile.
J’arrêterai de jouer leur jeu.
Je dirai au revoir à mes enfants. Je leur dirai que je les aime, que je suis leur père et que je serai toujours là pour eux.

J’espère qu’un jour ils comprendront.

Je suis un homme debout.

L.T.

Le GSHF : Groupe Sociologie des relations Homme-Femme est un groupe de réflexion issu de la section Rhône-Alpes d’E&R. Son objectif est de démystifier le kit à penser particulièrement toxique que véhiculent médias et universitaires