La question peut paraître quelque peu provocatrice pour les milieux dissidents, en général opposés au sionisme et au mondialisme, tant semblent liés par l’histoire et les réseaux ces deux projets dans la marche vers le Nouvel Ordre mondial.


Les 2 antisionismes

Pourtant, force est de constater qu’il existe (au moins) deux antisionismes, dont il semble opportun de réaliser une typologie afin de lever le piège tendu à ceux qui pourraient considérer le combat au côté du peuple palestinien comme un gage suffisant de résistance à l’avancée du projet globaliste.

  • D’un côté, un antisionisme patriote, qui considère le droit des palestiniens à disposer d’un État comme un miroir à ses propres aspirations d’enracinement. Cet antisionisme reconnaît dans le projet national une solution de libération et non d’oppression, et donc une sortie par le haut des souffrances endurées.
  • À l’opposé, un antisionisme moral, qui convertit la légitime empathie pour les populations oppressées de Palestine en un discours libertaire et multiculturaliste et voit dans le projet sioniste la démonstration de l’effet délétère des nationalismes.

En faisant porter le chapeau du projet d’annihilation du peuple palestinien, qui irrigue les instances sionistes, aux instincts guerriers et prédateurs de tout projet national, cet antisionisme moral se transforme en un support puissant de la doctrine mondialiste, permettant de faire passer pour une rhétorique de résistance ce qui relève en réalité du catéchisme oligarchique. Et ainsi, un facteur de réveil des opinions publiques – notamment des quartiers – sur la nature de l’ennemi réel est transformé au mieux en une impasse idéologique, voire en une arme a double tranchant servant in-fine l’ennemi qu’on prétend dénoncer.

Il convient donc d’en esquisser un rapide portrait.

 

L’antisionisme institutionnel


Pour décrypter cet antisionisme « des valeurs » il faut s’intéresser à l’un de ses bateaux amiraux : le mouvement Boycott Desinvestment Sanction (ou BDS) dont le mot d’ordre est affiché sur le site du mouvement BDS France :

« Nous, société civile française, citoyens, associations, organisations syndicales et politiques, décidons de nous engager activement dans la Campagne internationale de BDS appelée à l’unanimité de la société civile palestinienne en 2005 : Nous, représentants de la société civile palestinienne, invitons les organisations des sociétés civiles internationales et les hommes et femmes de conscience du monde entier à imposer de larges boycotts et à mettre en application des initiatives de retrait d’investissements contre Israël tels que ceux appliqués à l’Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid. »

Qui est cette « société civile » désignée, terme qui semble faire écho à la non moins pro-démocratique « communauté internationale » ? La charte du mouvement BDS est signée par 52 organisations (hors comité régionaux), syndicats, partis politiques et associations réparties comme suit :

La classification retenue, partiellement subjective, montre que la société civile désignée dans l’appel est un assemblage plutôt hétéroclite, rassemblant les étiquettes suivantes :

  • Antisionistes : associations dont la défense du peuple palestinien est le projet même : ces associations ne comptent même pas pour le quart des associations signataires.
  • Extrême gauche : partis politiques issus de l’éclatement du PC, en lien avec le mouvement altermondialiste.
  • Syndicats : principalement la CGT, y compris la « FÉDÉRATION NATIONALE AGRO-ALIMENTAIRE ET FORESTIERE (FNAF) CGT » (!)
  • Associations communautaires : le gros contingent de la “société civile”, (est-ce la le projet de société de cette société civile ?), avec 19 associations réparties en 4 communautarismes principaux :
    • maghrébin ; 5 associations, dont 4 association tunisiennes ;
    • confessionnel : 6 associations, dont 5 associations musulmanes et une juive religieuse ;
    • ethnique : communautarismes noir, arabe et juif, dont le Parti des indigènes de la république (PIR) et l’Union juive française pour la paix (UJFP) ;
    • banlieue : mouvements émanant des quartiers.
  • Frange anarcho-libertaire, se reconnaissant dans la dénomination générique de « Antifascisme » avec ALTERNATIVE LIBERTAIRE, ORGANISATION COMMUNISTE LIBERTAIRE, COLLECTIF ACTION ANTI-FASCISTE PARIS BANLIEUE (AFA).

On le voit à la lueur de cette analyse, le combat antisioniste est un meltingpot d’associations qui, pour les trois quarts, n’en ont pas fait leur objet principal mais qui voient dans le BDS un prolongement de leur combat.

Cette situation laisse planer un parfum de récupération, doute renforcé par le manque de cohérence idéologique d’ensemble du mouvement et par les alliances intenables. Comment par exemple concilier la vision traditionnelle du COLLECTIF DES MUSULMANS DE FRANCE (CMF) avec les positions pro gender du COLLECTIF DES FÉMINISTES POUR L’ÉGALITÉ ?

Mais cette diversité n’empêche pas le mouvement BDS d’afficher une ligne idéologique claire, conforme à celle du biotope des organisations s’étiquetant comme « féministes », « libertaires », « antiracistes », bref de toute l’ « Antifasphère ».

Et dans la ligne de mire de ce mouvement, bien plus que le sionisme, la Tradition et l’Enracinement.

 

À quoi sert l’antisionisme aujourd’hui ?

En premier, utiliser l’antisionisme et un zeste de point Godwin pour faire l’apologie du multiculturalisme, comme illustré par la « Parole Juive pour la Paix », émise par l’Union France juive pour la Paix, signataire et cofondateur du BDS :

« Nous avons certes dans le cœur cette blessure liée à l’antisémitisme et à Auschwitz, comme une écharde purulente. Mais nous vivons maintenant et nous devons constater que les principales victimes du racisme ne sont plus les Juifs. Il faut en parler aujourd’hui, dans l’après-Charlie, dans l’après-Bataclan, quand l’islamophobie se déchaîne, quand la négrophobie perdure, dans la crise des migrants dont on sait qu’elle n’est pas éphémère, quand les discours violents d’exclusion se répandent.
Proposer notre parole juive contre le racisme aujourd’hui, c’est prendre le parti de l’universel, contre tous les nationalismes ; celui de la fraternité, contre tous les replis sur soi ; celui de l’action solidaire en faveur des réfugiés, des musulmans, des Noirs, des Roms, des peuples en lutte contre l’oppression…
 »

Préface de « Une parole Juive pour le racisme »  [1]

« We all bleed the same colour »Benetton a t-il récupéré ses droits ?

Au regard de son combat pour encourager les migrations, l’engagement auprès du peuple palestinien apparaît presque comme secondaire lorsqu’il s’agit – après un rappel à l’ordre du CRIF – de donner des gages de hauteur morale :

« Il[Le CRIF] veut oublier l’engagement de dizaines d’organisations membres de BDS France, dans toutes les luttes contre le racisme le fascisme et le colonialisme hier et aujourd’hui dans le monde, et ici leur soutien aux sans papiers, aux migrants, aux Rroms. »

En mettant sur le même plan la situation des palestiniens chassés de leur terre et bombardés au phosphore blanc et celle des roms et migrants, entrés illégalement et malgré tout accueillis – voire payés logés et nourris – le mouvement BDS laisse transparaître son projet de métissage forcé des populations et criminalise en creux toute opposition à l’invasion migratoire…

Ensuite, souffler sur les braises des tensions raciales grâce au racisme d’État israélien : ce que n’a pas manqué de faire aux États-Unis le mouvement « Black Lives Matter », qui a rejoint les signataires du BDS, prouvant qu’on peut inciter à la guerre civile chez soi en prétendant travailler pour la paix chez les autres. Travail identique réalisé en France par le PIR, également signataire de la charte du BDS, dont les militants organisent en France des camps interdits au Blancs.

Finalement, utiliser la souffrance du peuple palestinien pour désigner le Mâle comme la source de tous les maux et alimenter la guerre des sexes, comme l’illustre la prise de position de l’Institut Simone de Beauvoir, Madone des adeptes de la théorie du-genre-qui-n’existe-pas, en faveur du mouvement BDS :

« En tant qu’universitaires, militant-e-s, enseignant-e-s féministes et intellectuel-le-s publics, nous reconnaissons l’interconnexion des formes systémiques d’oppression.
Dans cet esprit, nous ne pouvons ignorer l’injustice et la violence, dont la violence sexuelle
et la violence basée sur le genre perpétrée contre les Palestiniens
 »

En oubliant un peu vite que le racisme anti-palestinien n’est pas l’apanage d’un seul sexe… Pour mémoire, morceaux choisis de racisme anti-arabe 100% féminin :

« Comment pourrions-nous rendre les territoires occupés ? Il n’y a personne à qui les rendre. » Golda Meir, premier ministre d’Israël, 8 mars 1969

« Il n’y a jamais rien eu de tel puisque les palestiniens n’ont jamais existé. »
Golda Meir, 15 juin 1969

Au nom de la souffrance palestinienne, déconstruire les nations, liquider les structures traditionnelles, et envenimer les tensions entre races et entre sexes… voilà le vrai projet de l’antisionisme institutionnel. Un pacifisme de façade qui sert de cheval de Troie à une idéologie de guerre.

Point de convergence de tous les combats sociétaux impliqués dans la création d’un Homme Nouveau, indifférencié et métissé, il est en tout point conforme au projet du nouvel ordre mondial.

Il paraît donc logique qu’il soit parrainé au plus haut niveau.

 

SOROS et l’antisionisme

Derrière ces organisations de la “société civile”, on retrouve sans surprise l’infatigable orfèvre de la désintégration des nations : l’Open Society Institute de Georges Soros.

Le site DC Leaks a déclassifié récemment des preuves du financement de l’ONG Palestinienne Adalah par la galaxie sorosienne, membre du mouvement BDS et très active dans la défense des droits des palestiniens. Au total, l’ONG a reçu 400 000 dollars pour la période 2014-2015, et 2.7 millions de dollars en tout depuis 2002.

À en croire le site israélien Jewishpress.com « la liste des groupes arabes opérant avec les fonds de Soros continue encore et encore ». Les organisations liées dans le document examiné par JewishPress.com ont reçu un total de 9 591 801 dollars des fondations Soros entre 2001 and 2015 : Adalah, NIF, Women against Violence, I’lam, Media Center for Arab Palestinians in Israel, Mada al-Carmel, Kayan-Feminist Organization, Mossawa Center, Molad, The Galilee Society, Al-Tufula Center, Ma’an, Injaz, Sidreh, Lakiya, Baladna, Arab Association for Human Rights, National Committee of Heads of Arab Local Authorities in Israel, PILI Foundation.

Matrice sociétale du nouvel ordre mondial en gestation, les réseaux SOROS jouent donc un rôle de tout premier plan dans dans la promotion de l’antisionisme : HRW, Amnesty international, dont les communiqués épinglent régulièrement les violations des droits de l’hommes dans les territoires occupés, sont 2 exemples de tout premier ordre de ce parti pris par des entités du réseau Soros.

Fait paradoxal, la pieuvre Soros ne s’est pas contentée d’aider le mouvement antisioniste en le finançant, elle s’est offerte à lui comme ennemi visible. En effet, le mouvement BDS, apparemment peu soucieux d’altérer les relations avec un soutien majeur, a dénoncé en 2014 les prises de participation de Soros dans SODASTREAM et Teva Pharmaceuticals, 2 sociétés israéliennes implantées – comme d’autres – dans des colonies israéliennes, illégales au regard du droit international. Des témoignages de mauvais traitement ont été rapportés par les employés aux ONG impliquées dans le mouvement BDS – paradoxe pour le milliardaire, qui, avec l’Open Society, a fait de la protection des droits de l’homme l’un de ses cœurs de métier.

Cette situation en apparence contradictoire n’est pas isolée : l’ONG anglaise OXFAM est l’une des figures de proue de l’antisionisme institutionnel. Elle mène des programmes de développement dans les territoires occupés et dans la bande de Gaza et participe des campagnes de plaidoyers à grand budget notamment au sein du mouvement BDS et via son égérie people, Scarlett Johansson. Ces projets sont d’ailleurs financés par de nombreux gouvernements européens et par l’union européenne.



Scarlett Johansson : de Soros
à Soros

Les liens entre Oxfam et le groupe SOROS sont également bien documentés : liens financiers, par des donations de l’Open Society, liens professionnels par le ballet tournant des cadres de direction et liens opérationnels, par la mise en œuvre conjointe de mouvements de déstabilisation en Afrique.

Et lorsque Johansson accepta, alors qu’elle représentait encore Oxfam, de vendre son image à SODASTREAM, cela souleva chez la gauche française une campagne d’indignation, certes légitime, mais d’une myopie suspecte, puisque le fait central de cette histoire – à savoir que Johannson gardait en fait le même employeur – était laissé de côté par les donneurs de leçons professionnels…

 

L’antisionisme gouvernemental

Les cas du mouvement BDS et d’Oxfam montrent l’existence d’un antisionisme autorisé et instrumentalisé, provenant du sommet de la pyramide mondialiste. La révolte du peuple palestinien est ainsi d’autant plus facilement récupérée que les crimes commis au nom du projet sioniste ne peuvent plus être masqués et que les opinions publiques en sont largement informées.

Cette percolation de l’antisionisme vers le haut est telle que l’Union européenne a semblé rejoindre le mouvement BDS, en annonçant fin 2015 la mise en place d’un « étiquetage des produits originaires des colonies israélienne dans les territoires palestiniens occupés ».

Comme s’en félicite Jean-Guy Greilsamer, militant BDS et UJFP :

« Les gouvernements hollandais, irlandais et suédois ont eux aussi affirmé que le BDS est un droit légitime d’expression des citoyens.

En Grande-Bretagne, la Haute Cour a clairement désapprouvé les tentatives en février dernier du gouvernement d’empêcher les conseils municipaux de boycotter les produits des colonies. Même l’Internationale socialiste (dont le Parti Socialiste est adhérent !) a reconnu BDS comme tactique légitime de lutte contre l’occupation.

Des gouvernements ou d’autres entités territoriales prennent des distances.
Le gouvernement portugais se retire d’un projet financé par l’Union européenne, associant
le ministère israélien de la Sécurité publique, la Police nationale israélienne et l’université
Bar Ilan d’Israël et dont l’objectif est d’unifier les méthodologies d’interrogatoire
de la police. En Espagne des dizaines de villes et des provinces se proclament «libres d’apartheid israélien» »

Il faut s’y résoudre : les classes dirigeantes européennes, aiguillonnées par « la société civile » et bien que profondément soumises au sionisme international, se sont ralliées (ou sont en train de le faire) au combat pro-palestinien.

 

L’enfermement dialectique antisionisme/sionisme

Cette montée en puissance de l’antisionisme alimente en retour une radicalisation des positions sionistes, comme l’illustre la fureur de Benjamin Netanyahou qui a estimé que «  l’étiquetage des produits de l’État juif par l’Union européenne réveille de sombres souvenirs […]. Alors qu’il y a des centaines de conflits territoriaux à travers le monde, (l’UE) a décidé de s’en prendre seulement à Israël, alors qu’Israël combat le dos au mur contre une vague de terrorisme. »

Cette fureur est d’ailleurs largement tournée vers Soros lui-même, dont les intentions cachées seraient, selon The Observer, média de l’establishment juif new-yorkais, de détruire Israël en tant qu’État juif. À tel point qu’il n’y aurait « pas plus que l’épaisseur d’un papier à cigarette entre lui et les ayatollahs iraniens ».

Dans ce monde d’ombres et de lumière, pas facile de dire si cette colère n’est que de façade ou si elle traduit, elle, des rivalités profondes entre différents agendas. À l’heure où la psychose du terrorisme lamine les chances d’exercer un esprit critique collectif, la dualité sionisme/antisionisme apparaît de plus en plus comme un piège dialectique d’enfermement de la pensée critique, se comportant comme une machine à diviser.

  • D’un côté, portée par la peur du barbu, la dialectique sécuritaire du sionisme et son business transforme le plomb durci en or et pave la voie du choc des civilisations tant désiré par le sommet de la pyramide.
  • En face, l’antisionisme légitime est récupéré pour faire avancer le projet de déconstruction, au nom de l’oppression vécue, de la complémentarité entre sexes et entre races, déconstruction des nations et des structures traditionnelles de solidarité. Cette version frelatée de l’antisionisme sert d’appât pour dévier la formation idéologique de jeunes militants. Histoire bien connue, du parti socialiste à Charlie Hebdo de retournements de vestes et de trahisons..

La réconciliation en France impose de sortir simultanément du piège du conflit de civilisation et de déconstruction de l’humain par la marchandise. Soit, en pratique de dépasser la ligne de fracture sionisme/antisionisme qui nous est imposée et qui nous somme de choisir notre camp. Pour cela, identifier que l’antisionisme institutionnel vise uniquement la forme enracinée et visible du sionisme, pour mieux masquer l’action délétère d’un sionisme hors sol, agissant dans l’ombre pour dissoudre les souverainetés et faire avancer l’agenda mondialiste.

Tanguy


Notes
[1] Fait intéressant, ce livre a reçu le soutien du Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET). Le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET) conseille et appuie le Gouvernement dans la conception et la mise en œuvre des politiques de lutte contre les inégalités territoriales et le développement des capacités des territoires. Rattaché au Premier ministre, il assure le suivi et la coordination interministérielle de ces politiques.