Concernant les succès électoraux de Marine Le Pen, Élisabeth Badinter invitée sur France Inter, le 7 février 2017, a dit :

« C’est peut-être une victoire du féminisme, ce n’est pas une victoire pour la démocratie. »

Un tollé féministe s’est immédiatement élevé ! Comment Marine cette icône antilibérale pourrait-elle être une victoire pour le féminisme ?

Marine n’est pas libérale, mais elle œuvre en politique dans un système qui la haït justement parce qu’elle ne veut pas faire avec lui. Elle n’est pas dupe du leurre d’un marché dit de liberté qui en fait instrumentalise tout. Mais elle-même n’est pas instrumentalisée. Les féministes s’insurgent contre la sexualisation des femmes et l’exploitation qu’en fait le marché, or, elle est une femme libre qui construit son destin.

Pourquoi faut-il donc alors que les féministes, à l’unanimité, soient les ennemies de Marine, précisément sur le point de la liberté des femmes ?

Les féministes, comme le libéralisme, ont voulu éliminer une civilisation virile au bénéfice de la puissance financière. Elles prétendent lutter contre leur instrumentalisation, mais, en fait, elles la sustentent par leurs revendications de caste, financières, égoïstes, destructrices des liens, favorables à la gouvernance du marché. Elles ont affirmé que les hommes ont tous les droits, alors que les femmes doivent se battre pour obtenir les leurs. Mais en menant une guerre totale à la souveraineté du peuple, à un prétendu patriarcat, les féministes ont en réalité fait le lit du pouvoir libéral. Il s’est agi de détruire les alliances familiales en opposant ceux qui dans la tradition conjuguaient leurs efforts et il s’est particulièrement agi de dissocier ce qui faisait leur force, de disqualifier la virilité, car le pouvoir – dorénavant exclusivement financier – n’a plus besoin des conscrits pour modeler le monde à sa guise ; la vie comme la mort et l’armée – elle-même – n’est plus qu’une question de capitaux.

Les femmes auraient été marchandisées pour le plaisir des hommes et n’auraient pas été libres de leur corps. Le pouvoir fait accroire qu’il leur est possible de disposer de leur corps comme aux hommes de leur force de travail, alors qu’il s’est agi en vérité d’inviter les unes et les autres à se prostituer au marché capitaliste. L’autorité aurait été réservée aux hommes et niée aux femmes. En vérité, il s’est agi d’enlever toute autorité aux unes comme aux autres, car la seule autorité agréée par le système est celle de l’argent.

Les politiciens sont des virtuoses du mensonge, l’esprit pute du système les habite, mais une femme fait exception – elle – elle n’est pas prostituée au système. C’est cela qui dérange les féministes. Ces pétroleuses revendiquent plus de pouvoir pour les femmes, mais quand Marine est sur le point de devenir présidente, elles appellent à voter Macron.

Le voile se lève.

Dès lors que les féministes ne reconnaissent pas l’avancée que représenterait l’accession historique d’une femme libre au pouvoir, la revendication de la parité est un enfumage.

La preuve est faite.

En vérité, les féministes, à l’unanimité, sont et doivent être les ennemies de Marine, car le féminisme et le capitalisme, c’est la même chose !

Juliette Bey

GSHF